Le Peintre et son Roman (34)


REGAIN D’OPTIMISME UN JOUR D’HIVER
SANS HEURE

Faut-il bonjour, faut-il au-revoir
les heures qui passent le diront
ouvre la lumière sur ton parfum
je te regarde, ce soir, demain
le jour décline, il fait si tard
le désir nous portera t-il loin?

faut-il courir jusqu’au hasard
tu vois le souffle d’où vient le vent
alors effleure la vague naissante
le courant chaud d’un printemps
nos doigts frémissent, doux brouillard
qui s’évapore dans l’aube blanche

tu vois, c’est simple
écoute, c’est tout

Tu vois un chat, là, s’étirant, parle lui, parle lui, il se frottera à tes jambes, puis partira, c’est comme ça.
Il reviendra, sûrement.

L’odeur est un langage, aussi.
Il sait ta voix, il la sent.
J’ai dit du bien de mes ennemis, parce qu’ils sont trop cons pour les haïr.
J’ai dit du mal de mes amis, parce qu’ils ne sont pas, encore, assez cons pour me détester.
Faut-il toujours protéger ses arrières lorsque la terre fut brûlée?
Attila chevauchait, sans boussole, sinon sa conviction meurtrière.
C’était un précurseur de notre moderne monde, ouais.
Les précurseurs, au sang chaud, celui d’autrui, devraient, souvent, se briser les jambes avant d’agir.

Je sors mon harmonica, celui en Do majeur, pensant à  JOHN MAYALL

Je souffle dedans, pour ne plus parler.
Mes joues discutent entre elles, une sorte de langue des souffles.

Je sais, alors, que la rivière m’offre sa surface à pénétrer.

Faut-il bonjour…
Oui, à chaque heure.